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05/03/2019 - JAN DE NAEYER

LE VELO ELECTRIQUE ALLONGE ET ELARGIT
LA PISTE CYCLABLE

LE DIRECTEUR D'AWV TOM ROELANTS VISE DES PISTES DEGAGEES

Rouler à vélo est de plus en plus populaire. Pas seulement à titre récréatif. Grâce à l'arrivée du vélo électrique, de plus en plus de Flamands délaissent la voiture pour le chemin domicile-travail. A tel point que nous dépassons le pays du vélo, le Danemark, dans le nombre de déplacements fonctionnels à vélo. Mais une telle hausse a nécessité de larges investissements dans les pistes cyclables, autoroutes pour vélos et goulots d'étranglement. Aussi InfraStructure a eu un entretien instructif avec Tom Roelants, administrateur général de l'Agence des Routes et de la Circulation qui gère quelque 7.700 km de pistes cyclables le long des routes régionales.

Verkeerslichten fiets

DAVANTAGE DE PISTES CYCLABLES

“Avec AWV, nous sommes responsables des autoroutes et routes régionales. Une conséquence logique est que nous gérons aussi toutes les pistes cyclables qui longent ces routes", entame Tom Roelants. “Et elles sont nombreuses. Une piste cyclable des deux côtés de la chaussée est comptée double. La conséquence est que nous gérons plus de kilomètres de pistes cyclables que de routes. Au total, nous supervisons en effet quelque 7.000 kilomètres de routes. Celles-ci sont complétées par 7.700 kilomètres de pistes cyclables. Cette constatation est remarquable, sachant qu'une piste cyclable ne longe (souvent) pas les autoroutes et les grandes routes régionales à double voie. Environ 55% de nos pistes cyclables sont dégagées. Cela implique une séparation ou une bande entre la piste cyclable et la chaussée. Nous nous efforçons aussi de dégager au maximum les nouvelles pistes cyclables. Si ce n'est pas possible pour des raisons pratiques, nous essayons de les surélever autant que possible. Quelqu'un qui dévie par accident de la chaussée, aboutit moins facilement sur la piste cyclable."

 Tom Roelants

 

 "Nous gerons meme plus de kilometres de pistes cyclables que de routes”

 

 

 

12.000 KM DE PISTES CYCLABLES

Le gouvernement flamand a élaboré le 'Réseau de pistes cyclables fonctionnel supralocal'. Il comprend aussi les pistes cyclables qui ne sont pas gérées par l'Agence des Routes et de la Circulation. “Ce réseau donne une vision du monde idéal permettant à chacun d'effectuer un maximum de déplacements fonctionnels à vélo", explique Tom Roelants. “Le réseau comprend env. 12.000 kilomètres de pistes cyclables, dont 4.200 sont dans notre portefeuille. La coordination s'effectue par le responsable vélo nommé par le gouvernement flamand. Celui-ci se concerte avec toutes les parties concernées pour discuter des investissements pour les prochaines années. L'une de ces parties est p.ex. De Vlaamse Waterweg, qui gère de nombreuses pistes cyclables le long des cours d'eau. Avec eux, nous avons une concertation interne distincte pour coordonner les investissements. Ce serait dommage qu'ils aménagent une belle piste cyclable le long d'une rivière et que nous ne prévoyons pas une connexion sur une bande cyclable le long d'une route régionale. On ne connaît pas la date finale pour la mise en place complète du Réseau de Pistes cyclables fonctionnel supralocal. C'est un choix délibéré. En effet, les besoins des cyclistes sont une donnée évolutive. Si nous constatons que certaines routes sont plus fonctionnelles que celles reprises dans le Réseau de Pistes cyclables, nous devons pouvoir réagir de façon flexible. Le travail ne sera jamais totalement achevé. Bien sûr, nous visons le pourcentage de réalisations le plus élevé possible."

PLUS LONGUE ET PLUS LARGE

Fietssnelweg
Autoroutes pour vélos sont une conséquence directe des vélos électriques

Un concept assez récent dans le monde du vélo concerne les 'autoroutes pour vélos'. “Celles-ci sont une conséquence directe des vélos électriques et illustrent notre réaction flexible à un marché changeant. Nous aménageons maintenant des pistes cyclables sur des distances plus longues. Il y a vingt ans, nous ne le faisions pas. Avant, nous estimions que les déplacements de quinze kilomètres étaient déjà longs. Maintenant, nous relions Anvers et Bruxelles via une autoroute pour vélos. La conséquence de l'arrivée du vélo électrique était double pour nous. D'une part est né un réseau d'autoroutes pour vélos que nous tentons d'intégrer dans le réseau existant. Une autoroute pour vélos n'est pas toujours une nouvelle piste cyclable. D'autre part, le but est que les autoroutes pour vélos tiennent compte du trafic à vélo plus rapide. Aujourd'hui, une piste cyclable doit convenir à un usage familial récréatif, mais aussi à un trafic fonctionnel et souvent plus rapide. La conséquence est que ces pistes cyclables de nouvelle génération sont par définition plus larges.
Souvent, on roule à vélo dans les deux sens sur la même piste cyclable et il faut un espace assez large pour dépasser. Il n'est pas rare d'aménager des pistes cyclables de quatre mètres de large. Impensable avant. Bon nombre de ces pistes sont aménagées le long de cours d'eau ou dans d'anciennes voies ferrées, en d'autres termes sur des infrastructures plus ou moins existantes. C'est bien plus difficile le long de routes régionales. Si nous nous efforçons de dégager au maximum les pistes cyclables, il en reste un grand nombre simplement indiquées avec de la peinture. Il est quasi impossible de les élargir à cause de la forte protestation de propriétaires qui ne veulent pas être expropriés d'une partie de leur jardin."

L'EXPROPRIATION RALENTIT LES PROJETS

Un bel exemple de route régionale qui est très difficile à appréhender, est la N42 qui relie Wetteren et Zottegem en Flandre orientale. La route est constituée actuellement d'une seule bande de circulation dans chaque direction, flanquée d'une étroite piste cyclable adjacente. “La N42 est un cas spécifique, parce que nous voulons faire plus qu'aménager une piste cyclable. Nous voulons aussi en faire une voie à deux bandes et réaliser un alignement. Mais c'est vrai que nous rencontrons une grande opposition, même si nous voulons uniquement aménager des pistes cyclables. Pour réaliser une piste cyclable, vous pourriez compter, il est vrai, sur une plus grande compréhension des riverains que si vous arrivez avec un doublement du nombre de bandes de roulage. Mais les riverains sont vraiment très nombreux. Nous avons des projets qui nous obligent à procéder à environ 300 expropriations pour quelques kilomètres de piste cyclable. Cela prend souvent beaucoup de temps, quand quelques isolés ne réussissent pas à faire échouer votre projet."
Si Tom Roelants ne veut pas agir à la légère en matière de droit à la propriété, il plaide tout de même pour une approche plus pragmatique. “Nous sommes un grand partisan du recours à des pourcentages. Si, disons, 90% des riverains sont d'accord avec notre approche, cela devrait suffire pour réaliser le projet. Nous plaidons donc pour un régime en vertu duquel nous pouvons déjà débuter les travaux, même si tout le monde n'est pas encore d'accord. En guise de complément: il se fait qu'un accord financier correct doit être conclu avec tous les riverains. Ce plaidoyer n'y porte pas atteinte."

SHIFT EN POLITIQUE

Brede fietspaden
“Ce qui était impensable auparavant, se passe aujourd'hui.
Il n’est pas rare d‘aménager des pistes de 4 m de large”

Malgré tous les investissements, la Flandre connaît encore de nombreux points noirs où les cyclistes sont particulièrement fragiles. Un bel exemple de la façon dont cela devrait (partout) se dérouler, est l'approche de l'échangeur De Sterre à Gand, carrément mortel pour les usagers faibles; désormais, ceux-ci peuvent se déplacer essentiellement sans conflit à travers des tunnels et des ponts. “Récemment, nous avons encore lu dans la presse la constatation d'un parlementaire flamand que la Flandre dépense chaque année de plus de plus d'argent dans l'infrastructure cycliste, mais reçoit en retour de moins en moins de pistes cyclables", confie l'administrateur général. “En soi, cette analyse est correcte. Notre réaction est toutefois que nous avons fortement misé par le passé sur ces pistes cyclables kilométriques. C'était aussi logique. Si vous définissez une politique, vous devez, en effet, veiller à ce que les résultats soient vite visibles. Mais à un moment donné, la plupart de ces kilomètres sont aménagés et vous devez constater que chaque kilomètre n'est pas utilisé avec la même efficacité, parce qu'un goulot d'étranglement se forme quelque part. Progressivement, nous sommes passés à une politique d'analyse de l'utilisation de notre infrastructure et d'élimination des goulots d'étranglement restants. Ces dernières années, quelques grands travaux d'infrastructure ont été réalisés en Flandre: des ponts pour cyclistes au-dessus de la R4, le Canal Périphérique de Gand, l'E40, … de coûteux investissements qui, il est vrai, ne procurent pas de nombreux kilomètres, mais désenclavent de nombreuses communes en direction de Gand."

ADAPTER LE CODE DE LA ROUTE SVP

“Quand nous abordons de tels points, nous visons un régime avec le moins de conflits possible. C'est possible via des ponts et tunnels, mais tout autant par une adaptation des feux de signalisation, qui passent tous au vert au même moment pour les usagers faibles de la route et obligent toutes les voitures à attendre. Cela augmente un peu les temps d'attente, mais nous aussi, nous ne pouvons répartir le temps qu'une seule fois entre tous les usagers de la route. Sur ce plan, nous aurions aimé voir une adaptation du Code de la Route, autorisant toujours les cyclistes à tourner à droite, même si le feu est rouge. C'est déjà possible dans certains pays et cela ne fait qu'améliorer la mobilité. Un panneau de signalisation est déjà prévu. Le seul inconvénient est qu'un feu de signalisation a toujours priorité sur un panneau de signalisation. Si le feu est rouge, le cycliste doit d'abord le regarder et s'y conformer. En ce sens, une adaptation du Code de la Route est donc nécessaire."

Fietstunnel
Le cycliste actuel demande de plus en plus souvent une piste cyclable confortable

CONFORT

Une tendance importante et récente dans les pistes cyclables est que le cycliste actuel demande de plus en plus souvent une piste cyclable confortable. “Avant, on acceptait plus facilement d'emprunter une piste cyclable pas toujours droite et de passer sur un joint tous les X mètres. C'est nettement moins le cas maintenant. Si le gouvernement flamand veut favoriser la circulation à vélo, nous devons aussi honorer cette demande de pistes cyclables plus confortables. Récemment, nous avons adapté nos directives internes vers le choix par définition de pistes cyclables en asphalte, alors que nous options plus souvent pour les dalles de béton auparavant. Cependant, le confort ne signifie pas seulement une piste plane pour un cycliste, mais aussi des équipements le long de cette piste cyclable. C'est pourquoi le gouvernement investira davantage dans ce qu'on appelle des points de transit avec de jolis parkings à vélo - couverts et peut-être même surveillés, des points de charge et ainsi de suite. Cela va donc plus loin que la seule piste cyclable."

LE DANEMARK BATTU

Le Danemark et bien entendu les Pays-Bas sont catalogués comme pays du vélo par excellence. Mais même en comparaison de ces pays, la Flandre est loin de mal faire. “Deux comparaisons sont possibles", explique Tom Roelants. “On peut regarder le nombre de cyclistes. Là, les Pays-Bas sont le leader incontesté. Mais très récemment, nous avons dépassé le Danemark en termes de pourcentage de cyclistes. Aux Pays-Bas, 27% des déplacements se font à vélo, au Danemark 14%. La Flandre a récemment atteint 15%, une hausse de 3%. Nous roulons donc plus à vélo que les Danois. La seconde comparaison est celle de l'infrastructure cycliste. Il reste du pain sur la planche. Le nombre de pistes cyclables dégagées est plus élevé dans les pays cités que chez nous. Ceci est en grande partie lié à un autre aménagement du territoire, si bien qu'il nous sera difficile de combler ce fossé un jour. Nous le voulons bien, et nous réussirons en partie, mais faire jeu égal n'est pas pour tout de suite, je le crains. Notre aménagement du territoire avec toute son extension linéaire est ce qu'il est. Nous ne pouvons quasi plus aménager de pistes cyclables sans expropriations. Il en va autrement aux Pays-Bas ou au Danemark."

FietstelpaalUN BUDGET DE 120 MILLIONS D'EUROS

Le budget d'investissement pour l'infrastructure cycliste augmente. “L'an dernier, nous avons franchi pour la première fois le cap des 100 millions d'euros. Et l'ambition de notre ministre est d'aboutir à 120 millions d'euros en 2019. Environ 75% de ce montant est affecté à notre agence. Le quart restant va à d'autres partenaires tels que De Vlaamse Waterweg ou le BAM (liaison Oosterweel). En d'autres termes, de nombreux projets sont en préparation. Le facteur déterminant dans l'octroi d'un statut des priorités est la sécurité routière. Par ailleurs, nous avons installé récemment notre premier poteau de comptage de vélos à Machelen. En effet, nous voulons savoir si nos pistes cyclables sont utilisées ou pas. Mais en même temps, nous constatons qu'un tel poteau de comptage stimule les cyclistes. En effet, ils font grimper le nombre d'eux-mêmes et ils constatent qu'ils ne sont pas les seuls à utiliser la piste cyclable en question. Stimuler et investir, donc. Voilà la direction à suivre à l'avenir."