naar top
Menu
Logo Print
Artikel - 29/11/2017

LA VOITURE SANS CONDUCTEUR EXIGE UN RESEAU ROUTIER ADAPTE

Bart Verhulst (Heijmans Infra) pense que nos routes vont devenir de plus en plus intelligentes

Le secteur de l'infrastructure est sous pression. Les budgets d'investissement des autorités régionales et locales ne permettent pas d'entretenir efficacement le réseau routier existant et encore moins d'investir dans de nouveaux projets. InfraStructure a discuté avec Bart Verhulst, CEO de Heijmans Infra, l'un des principaux constructeurs routiers de Flandre. Il pense que la conjoncture va reprendre, et il prévoit que les routes du futur seront de plus en plus électroniques pour faire rouler des voitures intelligentes de manière autonome, ce qui va sensiblement augmenter la capacité du réseau routier existant.


COMPLEMENTARITE AVEC VAN DEN BERG

Heijmans Infra, actif dans la construction routière et les égouts, fait partie du groupe néerlandais Heijmans coté en Bourse. “En fait, nous formons l'antenne belge qui est principalement active en Flandre et à Bruxelles", commence l'administrateur délégué, Bart Verhulst. “Nous réalisons environ 80 millions de chiffre d'affaires avec une centaine d'employés et environ 200 ouvriers. Outre notre siège à Schelle, nous avons un bureau à Bilzen, d'où nous desservons le Limbourg, la Campine et le Brabant flamand. A côté de ça, nous avons un site spécifique pour le béton et le recyclage à Burcht et un autre à Bilzen. Avec Heijmans, nous possédons la moitié de la firme Belaco, une entreprise d'asphalte qui possède des sites à Bilzen, Puurs et Gand." Avec Van den Berg, Heijmans Infra possède une entreprise sœur spécialisée dans la construction de canalisations et l'infrastructure technique. “Le but est de rapprocher de plus en plus ces deux entreprises à l'avenir. Nous avons déjà la comptabilité et le service du personnel en commun. En effet, nos activités sont parfaitement complémentaires. Les travaux de voiries impliquent toujours la construction de canalisations. Si nous pouvons proposer ces activités ensemble, cela représente une incontestable valeur ajoutée pour notre client."

SPECIALISTE DES TRAVAUX COMPLEXES

Environ 85% de la clientèle de Heijmans Infra se compose de services publics. “Nous visons plutôt les autorités régionales que locales", déclare Verhulst. “L'Agentschap Wegen en Verkeer, De Lijn, Aquafin, ... voilà nos plus gros clients. Nous sommes surtout spécialisés dans les travaux avec une situation souterraine complexe comme une situation d'égout difficile ou de grands bassins souterrains. Lorsqu'il y a en plus un défi complexe lié au centre-ville, nous nous sentons comme un poisson dans l'eau. Notre truc à nous, c'est la combinaison de plusieurs disciplines comme le génie civil, la voirie et la voie ferrée. Bien sûr, nous ne faisons pas tout nous-mêmes, mais nous assurons toujours la coordination en tant qu'entrepreneur principal. C'est justement du fait de cette combinaison que nos clients se composent surtout d'autorités supérieures. En effet, les communes classiques ont souvent des travaux moins complexes. Cette pluridisciplinarité est notre caractéristique distinctive. Il n'y a que de cette manière que nous pouvons exploiter pleinement l'expérience et l'intelligence de nos travailleurs."

UNE ETUDE POUSSEE EVITE LES COUTS DE DEFAILLANCE

La préparation et le travail d'étude jouent un rôle central chez Heijmans Infra. C'est indispensable pour travailler efficacement sur le terrainLa préparation et le travail d'étude jouent un rôle central chez Heijmans Infra. “Nous avons demandé à nos travailleurs de consacrer énormément de temps au travail d'étude. Avec une bonne préparation, on a déjà la moitié du travail de fait. Dans notre cas, c'est vrai. Rien qu'avec une étude approfondie, on peut boucler le travail sur le terrain efficacement et sans coûts de défaillance. Nous n'y arrivons pas toujours, mais nous mettons la barre très haut."


DES PRIX RAISONNABLES

La période économique incertaine touche aussi les diverses autorités du pays. Conséquence directe: on constate qu'il y a moins de travaux mis en adjudication. Et ça se ressent dans le secteur de l'infrastructure. Mais Bart Verhulst ne veut pas dramatiser. “Oui, c'est vrai. Nous subissons cette évolution. En tant qu'entreprise, nous ne pouvons pas créer un marché qui n'existe pas. Nous essayons de faire face à la situation en cherchant davantage des travaux 'sur mesure' pour notre entreprise. En effet, la possibilité de conserver ses marges est plus grande avec des travaux complexes que lorsqu'il s'agit de simples missions de réalisation pure. De plus, je suis confiant: ce creux n'est que provisoire. C'est comme ça que fonctionne une conjoncture. Il y a cinq ans, il y avait beaucoup de travail dans notre secteur. Aujourd'hui, il y en a un peu moins, mais ça va revenir. Lors de la haute conjoncture précédente, j'ai vu des collègues doubler de volume. A l'heure actuelle, ils accusent le contre-coup de cet envol. Nous, nous avons délibérément choisi à l'époque de maintenir une croissance stable, si bien que nous contrôlons mieux les choses aujourd'hui. Attention: notre chiffre d'affaires aussi connaît un creux actuellement. Il faudrait 10 à 12 millions de plus. Mais nous ne devons pas pratiquer des prix fous pour garder notre personnel au travail. Nous nous en sortirons."

DU PAIN SUR LA PLANCHE

Toutefois, il faut qu'il y ait une amélioration en vue. Bart Verhulst analyse ce qui va arriver selon lui. “Je suis convaincu qu'en période de haute conjoncture dans notre secteur, on a construit une certaine surcapacité. Celle-ci touche à sa fin actuellement. C'est une évolution. Quelques entreprises moins professionnelles ou moins bien organisées tirent leur révérence. Cela ne fait que profiter au secteur, à la qualité et donc, finalement, au client. Deuxièmement, nous ne pouvons toujours pas dire que notre pays possède la meilleure infrastructure au monde. Il y a donc encore pas mal de pain sur la planche. Intrinsèquement, je crois fermement que l'avenir nous sourit, mais le travail va changer. Il faudra poser du nouveau béton et du nouvel asphalte sur des surfaces intelligentes afin de s'attaquer au problème de la mobilité. A côté de ça, il faut miser davantage sur l'entretien structurel et planifié. Récemment, les autorités flamandes ont modernisé la couche supérieure de la N16. En fait, c'est un investissement relativement bon marché pour une toute nouvelle route. Un collègue a réalisé ce travail correctement. Mais cela trahit la vision des autorités flamandes. Cette route n'était pas si mauvaise, mais on a quand même choisi d'appliquer une nouvelle couche de manière préventive afin d'être tranquille pour plusieurs années. Les nouveaux chantiers sont une chose, l'entretien des routes existantes en est une autre."

“Dans notre secteur, lorsque la conjoncture est haute, on construit une surcapacite. Celle-ci touche a sa fin actuellement"

VOITURES INTELLIGENTES SUR ROUTES INTELLIGENTES

La combinaison de voitures de plus en plus intelligentes avec une route intelligente va gagner du terrain, selon Bart Verhulst, CEO de Heijmans Infra L'une des évolutions que Bart Verhulst prévoit également, est le fait que la route va devenir de plus en plus électronique. “La combinaison de voitures de plus en plus intelligentes, électriques ou non, avec une route intelligente, va gagner en importance. Je peux imaginer, par exemple, qu'à l'avenir, quand on devra aller de Gand à Anvers, on achètera un code sur l'E17. On montera alors dans la voiture du futur, qui nous emmènera à notre destination sans problème. Au moyen du régulateur de vitesse adaptatif, p.ex., les voitures peuvent rouler à 20 cm d'écart l'une de l'autre, ce qui augmente la capacité de l'infrastructure existante. Sur le plan conceptuel, tout cela est parfaitement réalisable. Il faudra encore du temps avant que l'idée entre dans les mentalités, mais j'y crois énormément. Cela offre de nombreuses opportunités, peut-être moins pour le constructeur routier classique, Heijmans Infra, mais certainement pour notre alliance avec Van den Berg. Notre entreprise sœur participe déjà à un grand projet pour le chemin de fer: ETCS2. Il s'agit d'un projet de sécurité qui permettra aux trains de mieux communiquer avec la signalisation. Mais il ne faut pas être naïf. C'est la première étape vers des trains entièrement automatisés. En même temps, ce système implique la possibilité de doubler la capacité des lignes actuelles, car les trains pourront rouler de manière beaucoup plus rapprochée les uns des autres."


LES ROUTES MULTIDISCIPLINAIRES NECESSITENT DU PERSONNEL MULTIDISCIPLINAIRE

Une capacité doublée pour l'infrastructure ferroviaire et routière, c'est par définition une mauvaise nouvelle pour une grande entreprise qui ne vit que de l'aménagement de cette infrastructure. “Quand on voit les choses à court terme, peut-être", dit Bart Verhulst. “C'est pourquoi nous mettons autant l'accent sur notre collaboration avec Van den Berg. A terme, les deux entreprises doivent être très étroitement imbriquées. En fait, si la route du futur devient multidisciplinaire, il faut faire en sorte que le personnel le devienne également. Nous y arriverons pour l'aspect réalisation. Nous avons déjà tout ça sous contrôle. Mais pour l'aspect conceptuel, il y a encore du boulot. C'est pour ça que nous réfléchissons constamment aux compétences dont nous avons besoin afin d'être parfaitement prêt pour ce futur passionnant."

LA TAXE KILOMETRIQUE COMME NOUVELLE SOURCE DE FINANCEMENT

En attendant ces projets d'avenir, Bart Verhulst pense que le secteur de l'infrastructure a encore énormément de travail. “Il faudra de toute façon parler des budgets", déclare-t-il. “En effet, selon moi, l'argent actuel est à peine suffisant pour réaliser le simple entretien des routes, sans parler de libérer des moyens pour de nouveaux projets. Dans notre secteur aussi, on déplore énormément la taxe kilométrique introduite plus tôt dans l'année. Mais nous devons regarder plus loin que le bout de notre nez. En effet, les fonds de cette taxe constituent LA nouvelle source de financement de notre secteur. Il est logique que celui qui paie pour l'utilisation d'une route, bénéficie en contrepartie d'une route parfaitement entretenue. Il s'agit d'une attente plus que légitime. Et je ne suis pas forcément contre le fait que quelqu'un qui souhaite emprunter le tunnel Kennedy à l'heure de pointe, paie plus que quelqu'un qui le fait dans le courant de la matinée. C'est la seule manière d'entraîner un changement de comportement parmi les citoyens et les entreprises."

CONTRER LE COUT SALARIAL ELEVE

Le secteur de l'infrastructure reste pour le moment un secteur à forte intensité de main-d'œuvre. Heijmans Infra emploie à peu près 300 personnes. “Mais c'est relativement peu pour notre chiffre d'affaires", pense Verhulst. “Toutefois, ça n'empêche pas que nous avons aussi des coûts salariaux élevés dans notre petit pays. Même s'il s'agit d'une discussion nuancée. Laissez-moi commencer par dire que les coûts salariaux ici sont de toute façon trop chers. Cela n'a aucun sens de scier la branche sur laquelle on est assis. Au final, ce sont les entreprises qui créent de la valeur ajoutée, qui entretiennent tous les autres. S'il n'y a pas cet équilibre, on peut regarder les richesses existantes, ... mais ça s'arrête là. D'un autre côté, on remarque que nous n'avons pas de produits d'exportation. Nous n'allons pas réaliser des routes en Chine. En même temps, il y a un énorme afflux de main-d'œuvre bon marché. Selon moi, cette tendance est irréversible et même partiellement souhaitée. Cela crée une sorte de redivision du travail dans toute l'Union européenne et même au-delà. Nous avons des travailleurs belges qui travaillent deux fois plus dur, deux fois plus efficacement et de manière deux fois plus concentrée. Dans ce genre de cas, le coût salarial importe peu. Ces gens-là méritent largement leur argent, non seulement parce qu'ils effectuent plus de travail, mais aussi et surtout parce qu'ils permettent d'éviter des coûts de défaillance élevés. Le savoir-faire, la bonne communication, la bonne attitude et la réputation de travail sont difficiles à exprimer en euros."

OUVERT AUX JEUNES QUI SORTENT DE L'ECOLE

“Je peux imaginer, par exemple, qu'a l'avenir, quand on devra aller de Gand a Anvers, on achetera un code sur l'E17. On montera dans la voiture du futur et elle nous emmenera a notre destination sans probleme. Au moyen du regulateur de vitesse adaptatif, par exemple, les voitures peuvent rouler a 20 cm d'ecart l'une de l'autre, ce qui augmente la capacite de l'infrastructure existante”Chaque entreprise repose sur son personnel. Il en va de même pour Heijmans Infra. “A cet égard, nous avons toujours adhéré au principe selon lequel les jeunes qui sortent de l'école, peuvent trouver du travail chez nous", affirme Bart Verhulst. “ça a toujours été le cas et ça le restera toujours. Cette approche a plusieurs avantages. D'abord, on s'assure d'avoir suffisamment de main-d'œuvre. En outre, on fait entrer dans l'entreprise de la connaissance scolaire et de nouvelles tendances. De plus, chaque entreprise a besoin de rajeunissement. Mais il y a bien sûr un revers de la médaille: les jeunes génèrent des coûts de défaillance, qui représentent souvent un multiple de ce que nous coûte leur salaire. Nous essayons d'éviter ça en les encadrant de manière intensive."


COMPLETER L'EXPERTISE

Heijmans Infra ne détermine pas sa stratégie toute seule, car elle fait partie d'un plus grand groupe. “Notre voix compte, c'est logique. D'ici cinq ans, nous voulons une organisation poussée de Heijmans Infra et Van den Berg dans tous les segments. Il faut que la provenance d'un membre du personnel n'ait plus d'importance. Nous devons arriver à une seule organisation avec un seul but commun. A côté de ça, nous voulons compléter notre expertise avec une certaine connaissance de niche soutenant la route intelligente, mais nous n'envisageons pas d'engager deux fois plus d'équipes pour les égouts. Enfin, nous devons encore évoluer en petits projets autour du génie civil", conclut Bart Verhulst.